Un ami m’a demandé un cube en bois. Pas d’assemblage, pas de pièces mobiles, pas de brief au-delà de la forme. Simple sur le papier. En pratique, chaque face doit correspondre, chaque angle doit tomber à quatre-vingt-dix degrés, et une coupe qui dérive n’a nulle part où se cacher.
Je l’ai fait avec du bois de récupération, sans dégauchisseuse, sans raboteuse, et seulement une petite scie sur table. Le bloc était plein de fissures. Le vrai travail, c’était de le mettre d’équerre.
Mettre le bloc d’équerre
Sans dégauchisseuse ni raboteuse, chaque face dépendait de la précédente, et d’une scie qui n’est pas faite pour ça. Les faces opposées doivent être parallèles ; les faces adjacentes, d’équerre. J’ai travaillé face par face, en contrôlant et en recoupant. Cette étape a pris plus de temps que tout le reste du projet.
Époxy, recoupe, finition
Le bois était fissuré sur plusieurs faces. J’ai fait un barrage au ruban sur chacune, coulé une couche d’époxy, et attendu le durcissement avant de tourner le bloc.
Une fois la résine prise, j’ai recoupé le cube : faces à plat, débordements enlevés, époxy seulement dans les fissures, affleurante. Ensuite, ponçage progressif, puis huilage. Le fil est ressorti ; les fissures sont restées visibles, mais comme une partie de la surface.


Résultat
Un petit cube pour un ami, dans un bois qui n’était pas destiné à en être un.

Retour d’expérience
Un cube, c’est un test de références : une face plane, un chant d’équerre, puis tout le reste à partir de ces deux-là. L’époxy permet de garder un bois fissuré dans la pièce. Elle ne corrige pas la géométrie. C’est la recoupe après durcissement qui en refait un cube.
